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[Portrait] Jang Ki-yong, de la douceur à l’incandescence

My roomate is a gumiho - tvN
My roomate is a gumiho - tvN

Je crois qu’il est devenu compliqué d’être vraiment sélectif avec les stars coréennes. Au début, on tombe sur un drama, on aime un rôle principal, on est transporté. On se dit que c’était peut-être “le bon casting au bon moment”… alors on fait ce test que tout le monde connaît : on regarde une deuxième série avec le même acteur. Puis une troisième. Une quatrième. Et sans s’en rendre compte, on arrive à cinq, dix projets — et on finit par accepter une évidence : la Corée ne fabrique pas seulement des histoires efficaces, elle fabrique des interprètes capables de nous faire ressentir des choses très fines.


Bien sûr, on garde nos préférences, nos coups de cœur, nos “inoubliables”. Mais ce qu’on peut affirmer, c’est que beaucoup d’acteurs coréens ont cette capacité rare à laisser passer la lumière à travers une émotion. Comme une fissure dans un mur, leur jeu ouvre un passage : on ne regarde plus seulement une scène, on a l’impression d’entrer dans un monde intérieur, fragile, vivant, touchant. Et au milieu de ce talent généralisé, on croise parfois une perle rare qui s’impose sans fracas : Jang Ki-yong.

Des talents avec ce petit quelque chose d’indescriptible, cette douce subtilité qui rend un acteur inoubliable. Un peu comme un trèfle à quatre feuilles au milieu d’un parterre de trèfles à trois feuilles : tout est beau, oui… mais lui, on le remarque autrement.


C’est exactement comme ça que Jang Ki-yong est arrivé dans ma vie de spectatrice : sans fracas. Il ne fait pas partie de ceux qui s’imposent instantanément par une démonstration. Il fait partie de ceux qui s’installent. On commence par se dire : “Tiens, il a quelque chose de différent …” et un jour, sans trop savoir quand, on réalise qu’on ne regarde plus seulement un drama : on le regarde lui.

Il a cette présence qui rassure, ce sourire qui te fait sourire, une douceur qui n’appuie jamais mais qui touche quand même. Et surtout, il a ce quelque chose de très rare : la sensation qu’il ne cherche pas à séduire… et que c’est justement pour ça qu’il y arrive.


Son magnétisme, pour moi, tient à une chose simple : il laisse de l’air. Là où d’autres remplissent l’écran, lui crée une zone de silence, une respiration. Il sait se taire une fraction de seconde de plus, poser un regard sans le “jouer”, faire passer une émotion sans la souligner. Sa force n’est pas l’effet, c’est la nuance. Et c’est pour ça qu’il fonctionne dans tout : romance, fantasy, thriller, mélodrame. Son charme ne dépend pas d’un registre : il dépend d’un tempérament.


Now, We are breaking up - photo SBS - 2021
Now, We are breaking up - photo SBS - 2021

Et pourtant… même si ce magnétisme traverse tous ses rôles, il y a un moment où, pour moi, il devient carrément une évidence. Une sorte d’explosion silencieuse : Now, We Are Breaking Up.

Parce que là, la romance n’est pas un décor joli. C’est une matière adulte, douce-amère, pleine de décisions qui font mal. Et lui, au lieu de “faire le héros romantique”, joue la retenue : un regard qui s’attarde, un sourire qui vacille, une phrase qu’on sent difficile à prononcer. Il est lumineux sans être lisse, intense sans être bruyant. Il donne à la relation une gravité presque douloureuse, comme si l’amour, chez ce personnage, était aussi une peur de perdre, une fatigue, une lucidité. C’est un rôle où son aura ne fait pas que séduire : elle hante.

Dynamite Kiss - SBS 2025
Dynamite Kiss - SBS 2025

Et puis il y a ce présent brûlant : son dernier drama, celui qui l’impose au grand public comme une évidence, parce que c’est le drama populaire du moment, celui qu’on attend chaque semaine, épisode après épisode, avec cette impatience presque enfantine. Ce type de série, c’est la preuve ultime : quand tout le monde compte les jours, ce n’est pas seulement “un bon scénario”, c’est aussi un acteur qui tient la tension, qui attire, qui donne envie de revenir.


Moi, d’habitude, je suis plutôt du genre à tout regarder en deux jours. J’aime la sensation de m’immerger complètement, de vivre l’histoire sans interruption, de rester dans la bulle jusqu’au bout. Je m’étais dit : “Je vais attendre que tout soit sorti, et je le commencerai ensuite.”

Sauf que… je n’ai pas tenu.


Parce qu’il y avait cette passion ardente de Dynamite Kiss. Cette énergie qui déborde, cette intensité qui accroche, dès le premier épisode, cette impression que chaque épisode te laisse sur un fil. Et Jang Ki-yong y est exactement là où il faut : présent, incandescent, impossible à ignorer. C’est le genre de drama qui ne te laisse pas “être raisonnable”. Il te prend par la main et il te dit : “Allez… encore un épisode.”


Et ce qui est fascinant, c’est que cette intensité d’aujourd’hui vient d’un chemin long, patient… presque à l’opposé du feu qu’on voit à l’écran.


Jang Ki-yong est né le 7 août 1992 à Ulsan, au sud-est de la Corée du Sud. Dans ce qu’il raconte de lui, il n’y a rien du “destin de star” qui s’impose naturellement. Il dit plutôt qu’il était très timide, très introverti, mal à l’aise dès qu’il devait parler. Et quand on y pense, ça éclaire tout : ce qu’on prend parfois pour de la froideur, chez lui, ressemble davantage à une pudeur. Une manière de ne pas se donner facilement. Une émotion qui ne sort pas en grands gestes, mais en petits signes.


Avant d’être acteur, il passe par le mannequinat, et là encore, ce n’est pas une anecdote. C’est une école. Le mannequinat lui apprend à habiter le cadre, à comprendre la lumière, à maîtriser l’immobilité, à faire exister une présence sans la surcharger. Quand tu le regardes jouer, tu sens que son corps sait exactement où se placer, comment “tenir” un plan. Mais ce qui est beau, c’est qu’il ne s’est pas contenté d’être une image réussie : il a voulu que l’image raconte.


Ses débuts à l’écran, à partir de 2014, sont discrets. Et justement : ce n’est pas quelqu’un qui arrive en criant “regardez-moi”. Il avance, il apprend, il teste. Jusqu’au moment où il obtient enfin un rôle qui lui permet de porter quelque chose de lourd, de profond : Come and Hug Me. Là, on voit clairement ce qu’il sait faire : être bouleversant sans se répandre, intense sans hausser le ton. Son émotion reste contenue, mais elle traverse l’écran. C’est le genre de rôle qui ne pardonne pas l’à-peu-près, et lui y gagne une vraie reconnaissance.


Après ça, Search: WWW lui offre une autre couleur : plus urbaine, plus lumineuse, plus moderne. Et ce drama garde une résonance particulière. À l’intérieur, Jang Ki-yong apporte ce contrepoint apaisant : une présence douce qui n’écrase rien, qui équilibre, qui tient la romance sans l’alourdir. C’est là qu’on comprend pourquoi on y revient : parce que ce n’est pas seulement “un couple” ou “un scénario”. C’est une sensation et lui est très fort pour laisser une sensation dans l’air.


Ce que j’aime, c’est qu’il ne s’est pas enfermé ensuite. Il peut être tendre et légèrement décalé dans une fantasy romantique comme My Roommate Is a Gumiho. Il peut être plus sombre, plus tendu, dans des rôles où son regard devient presque une arme narrative. Et il peut, comme dans Now, We Are Breaking Up, faire exister une romance adulte, sans sucre, sans surlignage, en la jouant comme quelque chose de réel : parfois beau, parfois cruel, souvent fragile.


Et il y a un détail qui, à mes yeux, confirme que son charme n’est pas seulement visuel : sa relation à la musique. Même s’il n’est pas chanteur, quand il chante ou quand il rappe — même a cappella — on retrouve exactement la même signature : pas d’esbroufe, pas de démonstration, juste une présence qui “prend” naturellement. Là où d’autres s’appuieraient sur l’effet, lui s’appuie sur le rythme, sur la sincérité, sur cette façon d’habiter l’instant. Et c’est touchant parce que ça ressemble à sa manière de jouer : il ne surligne rien, il laisse venir.




Après l’armée (août 2021 – février 2023), il revient avec quelque chose de plus posé, comme si le silence avait encore creusé sa présence. Son retour avec The Atypical Family le montre bien : un personnage fragile, abîmé, une romance qui se construit lentement, sans grands discours. Encore une fois, il ne force pas l’émotion : il la laisse s’installer, et c’est souvent là qu’elle devient la plus forte.


Au fond, si Jang Ki-yong fascine, ce n’est pas seulement parce qu’il est beau ou parce qu’il a une filmographie solide. C’est parce qu’il dégage une alliance rare : pudeur et intensité, calme et détermination, douceur et tension. Il n’est pas de ceux qui s’imposent avec du bruit. Il est de ceux qui restent. Et quand il “explose” dans Now, We Are Breaking Up, ce n’est pas une explosion spectaculaire : c’est une évidence. Celle d’un acteur qui n’a pas besoin d’en faire trop pour toucher, parce que tout, chez lui, donne l’impression d’être vrai.




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