[Biographie] Jang Ki Yong
- 산드린 France

- 28 nov. 2024
- 9 min de lecture
Jang Ki-yong est souvent cité pour son magnétisme, sa présence, et cette manière très particulière de rendre une émotion crédible sans la surjouer. Mais derrière l’image, il y a un chemin, une discipline, des choix, et une cohérence intime qui méritent d’être racontés. Cette biographie a été écrite pour retracer son parcours avec précision, et pour mieux comprendre ce qui construit sa force tranquille, de ses débuts à aujourd’hui.
Jang Ki-yong naît le 7 août 1992 à Ulsan, loin des projecteurs de Séoul. Il grandit dans une famille discrète, entouré de ses parents et d’un frère aîné, avec ce mélange typique de pudeur et de ténacité que l’on retrouvera plus tard dans sa façon de travailler : ne pas trop parler, mais avancer, et tenir.

Très jeune, rien ne le destine à devenir une figure de la mode, puis un acteur en tête d’affiche. Et pourtant, à 19 ans, un choc visuel bouleverse sa trajectoire. Il le raconte clairement : c’est en regardant une vidéo de défilé où apparaît Lee Soo-hyuk – qu’il appelle “Su-hyuk hyung” – qu’il se surprend à penser, presque comme une évidence, qu’il veut devenir mannequin. Il revoit cette vidéo, encore et encore, et s’accroche à une sensation précise : l’excitation d’un corps en mouvement, la puissance d’une démarche, la sensation que, sur un podium, quelque chose de lui pourrait exister pleinement.

Ce désir ne reste pas un rêve. Il devient une décision, puis un départ.
Quitter Ulsan, monter à Séoul, convaincre sa famille, accepter l’inconnu : Jang Ki-yong décrit cette période comme un mélange d’élan et de nervosité, avec cette idée obsédante qu’il doit au moins essayer, parce que l’image du runway lui donne la chair de poule.
Son entrée officielle dans le métier se fait en 2012, lorsqu’il défile à la Seoul Fashion Week (collection printemps/été). Ce moment marque le début concret d’une carrière de mannequin qui s’installe rapidement : il multiplie les apparitions, se fait remarquer, et son visage commence à circuler au-delà de la mode, notamment à travers des apparitions dans des clips, dont ceux d’IU, qui l’exposent au grand public très tôt.
L’industrie confirme bientôt ce que les podiums laissaient déjà deviner : il n’est pas seulement “un beau mannequin”. Il reçoit le Fashion Model Award aux Asia Model Awards (2014), puis est distingué comme Best Dressed Model aux Korea Best Dresser Swan Awards (2015). Ces récompenses, à cette époque, le placent parmi les noms qui comptent dans la nouvelle génération du mannequinat coréen.
Dès ses années mannequinat, la musique n’est pas un décor chez lui : c’est déjà un axe, presque une boussole. Jang Ki-yong le dit sans emphase, mais avec une constance frappante : il aime profondément la musique, il aime chanter, il aime rapper, et il a grandi avec cette culture du “son” comme un réflexe quotidien. Né à Ulsan, il raconte qu’avec ses amis, quand l’ennui pointait, ils finissaient souvent au karaoké — non pas comme une anecdote amusante, mais comme un espace où l’on se libère, où l’on ose. C’est aussi là que se dessine quelque chose de très “lui” : ce mélange de pudeur et d’audace. Il n’est pas expansif dans la vie, mais dès qu’il s’agit de rythme, de voix, de scène, il accepte de s’exposer.
C’est ce qui rend son passage dans Tribe of Hip Hop 2 si parlant : il n’y va pas en “acteur qui tente un coup”, il y va en amoureux du genre, avec l’envie d’entrer dans une énergie qui l’attire depuis longtemps. Il confie que ce qui l’a marqué, ce n’est pas seulement le défi technique, mais le regard des autres : ce moment étrange où des gens, face à toi, écoutent ta voix, attendent ton souffle, suivent ton débit. Il décrit même le plaisir très précis de “découper” un beat, de se caler sur une pulsation, de sentir que le corps et la voix se synchronisent.
Et il le dit avec une sincérité presque étonnée : il ne pensait pas aller aussi loin, il n’avait pas prévu “d’être bon”, mais il a eu ce sentiment rare d’avoir osé quelque chose qui lui ressemblait vraiment — et d’en avoir gardé une fierté intime.
Son rapport à la musique ne s’arrête pas au rap. Avec le temps, son intérêt se déplace aussi vers le chant, et même vers le musical. Il raconte avoir découvert cet univers en regardant des vidéos, puis avoir été bouleversé par une performance qui lui a donné un objectif presque enfantin : un jour, “voir ça en vrai”, ressentir une voix et une présence de scène sans filtre.
Le détail est touchant : arrivé à Séoul, il réalise que les billets coûtent cher, que les emplois du temps s’enchaînent, que les occasions se ratent et pourtant l’envie, elle, ne s’éteint pas.
Au contraire : elle s’installe. Plus tard, il explique qu’il prend des cours de chant à ses frais, comme on entretient une promesse silencieuse. Pas parce qu’il veut “changer de métier”, mais parce qu’il aime apprendre, et parce que l’idée d’un jour monter sur scène même tard, même “pour le défi” l’amuse et le stimule.
Ce fil musical éclaire d’ailleurs un autre aspect de son tempérament : il n’aime pas rester immobile. Quand il apprend un instrument pour un rôle, il ne le fait pas à moitié. Il a raconté avoir découvert la batterie presque par hasard, sur un tournage, puis s’être pris au jeu au point d’apprendre davantage, fasciné par la sensation physique du rythme.
On comprend alors que, pour lui, la musique est plus qu’un goût : c’est un espace où son corps pense, où son mental se calme, où sa pudeur trouve une porte de sortie. Et au fond, cela ressemble à son jeu d’acteur : une intensité qui ne passe pas par des démonstrations, mais par la précision, le tempo, et cette manière de faire sentir quelque chose sans jamais forcer.

Mais chez lui, la mode n’a jamais été une fin fermée. Dans plusieurs interviews, il explique que l’envie de jouer existe très tôt, presque en sourdine, comme une extension naturelle de ce qu’il cherche déjà sur un podium : transmettre quelque chose sans forcément le dire. Il raconte aussi qu’il a longtemps été timide, peu à l’aise dans l’exposition, et que le fait de se confronter à la scène l’a aidé à se transformer. Il évoque un souvenir marquant : un festival scolaire où il accepte de chanter et ressent une tension étrange, à la fois terrifiante et grisante — une sensation de vie, la preuve qu’il peut tenir un regard, une attente, une présence.
Sa transition vers l’acting se construit donc sans rupture brutale : une opportunité en amène une autre. Il insiste sur un principe qu’il s’est imposé : ne pas laisser passer les chances, même modestes, et apprendre par le travail, scène après scène, audition après audition. Il fait ses premiers pas en 2014, puis progresse jusqu’à ce que le public retienne son nom non plus comme “un mannequin qui joue”, mais comme un acteur capable d’incarner des personnages lourds, ambivalents, parfois sombres, souvent vulnérables.
Cette volonté de “se confronter” se retrouve aussi dans son rapport au corps, et c’est un point beaucoup plus profond qu’un simple goût pour le sport. Chez Jang Ki-yong, bouger n’est pas une discipline esthétique : c’est une manière d’équilibrer l’esprit. Il raconte que la marche est devenue très tôt une habitude, presque une culture familiale. Son père aimait particulièrement l’exercice, et il garde le souvenir de week-ends où l’on partait randonner en famille, puis où l’on revenait fatigués, contents, comme si l’effort nettoyait l’intérieur. Ce sont des images simples, mais elles reviennent souvent dans ses propos, parce qu’elles disent quelque chose de stable : son énergie se reconstruit dans le mouvement.
Quand il quitte Ulsan pour Séoul, seul, pour tenter sa chance dans le mannequinat, ce rapport à la marche prend une dimension plus personnelle. Il a raconté qu’au début, le travail ne venait pas tout de suite, qu’il y avait des journées vides, des moments où l’on peut vite se laisser manger par l’anxiété ou les pensées inutiles. Et précisément : il refuse de s’y enfermer. Alors il marche. Il marche pour ne pas ruminer, pour tenir, pour garder une ligne intérieure. Cette période dit beaucoup de lui : au lieu de dramatiser, il avance. Littéralement. Comme si son corps tirait son mental vers l’avant.
Plus tard, quand il devient acteur et que les tournages s’enchaînent, cette logique reste la même. Il explique qu’il n’est pas quelqu’un qui se “répare” en restant immobile : il se recharge en continuant de bouger. Dans ses propos, reviennent des images très concrètes, presque apaisantes : sortir prendre l’air, courir, marcher longtemps, aller en montagne, se vider la tête au bord du fleuve Han. Ce sont des gestes simples, mais chez lui, ils prennent valeur de rituel : une façon de remettre de l’ordre quand tout s’accélère.
Et c’est cohérent avec tout le reste : Jang Ki-yong n’est pas un homme du discours. C’est un homme du mouvement. Quand quelque chose vacille, il marche. Quand l’esprit déborde, il court. Quand il doit se recentrer, il revient au corps. Et ce rapport très physique au calme et à la discipline éclaire aussi sa façon de jouer : une intensité tenue, une présence ancrée, une émotion qui passe par la maîtrise autant que par l’élan.
Puis vient la parenthèse incontournable du service militaire. Jang Ki-yong s’engage comme soldat actif le 23 août 2021, et est démobilisé le 22 février 2023. Cette coupure suspend sa présence à l’écran, mais elle ne brise pas son élan : à sa sortie, le discours autour de lui change subtilement. On ne parle plus seulement d’un acteur séduisant et magnétique ; on souligne davantage la solidité, l’endurance, la maturité d’un homme revenu avec une énergie plus calme et une volonté plus nette.
Ce qui est beau, c’est que cette transformation n’arrive pas “de nulle part”. Elle s’inscrit dans quelque chose qu’il porte depuis longtemps : ce rapport très physique au calme et à la discipline. Dans ses propos, le sport n’est jamais un simple outil esthétique. C’est une manière de tenir, de se réguler, de remettre de l’ordre quand l’esprit déborde. Il a souvent raconté marcher longtemps, presque comme un rituel, et l’on comprend vite que ce n’est pas “juste” faire du sport : c’est sa façon de garder le cap. Marcher, courir, prendre l’air, se vider la tête, ces gestes reviennent chez lui comme une hygiène intérieure.
Et l’armée, dans cette logique, ressemble moins à une parenthèse qui casse un rythme qu’à une période qui l’accentue : une vie réglée, de l’effort, de la sueur, une endurance qu’on construit jour après jour. Il a même confié à quel point il aimait “transpirer”, et comment l’exercice pouvait lui rendre de l’énergie au lieu de l’épuiser. Comme si cette discipline, imposée de l’extérieur, rejoignait une discipline qu’il cherchait déjà, instinctivement, pour rester debout.
Dans les années qui suivent, il reprend un rythme de travail soutenu, avec une attention particulière portée à l’épaisseur des rôles et à la discipline du métier. La presse coréenne mentionne notamment son investissement physique pour certains personnages, signe qu’il considère le jeu comme une transformation complète, pas comme une simple performance.
En février 2025, une nouvelle étape institutionnelle marque cette période : il signe avec United Artists Agency (UAA), annonce officielle reprise par plusieurs médias. Ce changement d’agence est présenté comme un mouvement stratégique, au moment où il consolide son statut d’acteur principal et où de nouveaux projets se dessinent.

Ce qui rend son parcours attachant, au fond, ce n’est pas seulement la réussite. C’est la cohérence intime : un jeune homme d’Ulsan qui se découvre en regardant Lee Soo-hyuk marcher sur un runway, qui choisit de tenter sa chance, qui apprend la rigueur dans la mode, puis l’endurance dans l’acting et qui garde, comme une signature silencieuse, ce besoin de se recentrer dans la musique, le rap, et le sport. Dans Esquire, il dit se sentir aujourd’hui plus apaisé, moins pressé, plus heureux aussi : comme si le but n’était plus de prouver, mais de durer.

Sur le plan personnel, il reste extrêmement discret : aucune relation n’est présentée comme officiellement confirmée par lui dans ses prises de parole récentes, et le choix dominant semble être celui de la protection de sa vie privée.
Enfin, il garde un lien assumé avec ses années mannequin, pas seulement comme une “ancienne vie”, mais comme un socle. Il parle des modèles-acteurs aînés avec un respect lucide, en expliquant qu’il n’était pas forcément proche d’eux au début.
Et lorsqu’il évoque plus directement des compagnons de route issus du milieu, des noms comme Joo Woo-jae et Byeon Woo-seok apparaissent dans des propos rapportés, avec cette tonalité particulière de gratitude : celle de ceux qui savent ce que c’est que de traverser les débuts difficiles, et de s’accrocher quand on n’est encore “personne”. Jang Ki-yong ne “s’impose” pas : il s’installe. Il a ce charme particulier des hommes qui ne surlignent rien : la force tranquille, la pudeur, et cette émotion qui passe par les détails. Il avance avec une discipline silencieuse, une sensibilité tenue, une présence qui ne fait jamais de bruit et c’est précisément pour ça qu’elle reste. De la mode à l’écran, de la musique au mouvement, tout chez lui raconte la même chose : un homme qui cherche le juste, pas le spectaculaire. Et c’est peut-être là, sa beauté la plus rare : donner l’impression qu’il ne joue pas pour briller, mais pour durer. #JangKiYong ##DynamiteKiss #ComeandHugMe #BornAgain #MyRoomateisaGumiho #Searchwww #www#NowWeAreBreakingUp














Je le découvre avec dynamite kiss !
Merci pour vos articles traduits et cette biographie qui permet d’en savoir plus 🙏🏻
Un acteur que j'adore depuis le drama come and Hug Me. Il est capable de jouer avec une telle intensité que c'en est bouleversant. Merci pour cette biographie qui lui ressemble tant.